mardi 4 avril 2017

Installation du nouveau coordonnateur général de la Conald Lener Renaud

La journée du 3 avril 2017 a été marquée par l’installation du  major  Lener Renaud à la tête du  bureau de Coordination de la Commission Nationale de Lutte contre la Drogue (CONALD), remplaçant à ce poste le colonel Antoine Atouriste.
Le nouveau Coordonateur de la Conald, le major Lener Renaud

Le Secrétaire  Général de la Primature, Monsieur Hugues Joseph,  au nom du Premier ministre Jack Guy Lafontant, a présidé la cérémonie d’investiture. Il   n’a pas manqué de souligner l’attention  aux enjeux qui attendent le nouveau Coordonnateur  de la Conald ainsi que le défi auquel il aura à faire face: la lutte contre la drogue, un fléau mondial contre lequel il faut lutter avec la plus grande fermeté et la dernière rigueur. Le Secrétaire  Général de la Primature en a profité pour  féliciter le coordonnateur sortant, le colonel Antoine Atouriste, pour le travail accompli, pour son intégrité et son savoir ;  qui  a dressé un bilan non exhaustif de son travail à la tête de la Conald.  Un bilan  qui se résume en à la finalisation des procédures pénales en matière de lutte contre la drogue, le blanchiment d’argent,  le financement du terrorisme ; en la prévention et la répression contre les narcotrafiquants ;  en la synergie entre la Conald et la PNH, la DGI, l’UCREF, l’ULCC, la BLTS ;  au renforcement du task force ; en la coopération bilatérale avec les Etats-Unis, la France, la Colombie et la République Dominicaine
De gauche à droite: Le nouveau Coordonateur le major Lener Renaud; le Secrétaire Général de la Primature Hugues Joseph;  et le Coordonateur sortant le colonel Antoine Atouriste

 Le nouveau coordonnateur du bureau de Coordination  de la Conald le Major Lener Renaud s’engage à lutter contre la drogue, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme selon les vœux du président de la République, SEM Jovenel Moïse. A cette fin, il est déterminé à travailler au renforcement institutionnel de la Conald, à faire restaurer l’autorité de l’Etat et à combattre les forces ténébreuses. Pour ce faire, il compte sur la collaboration de tous les secteurs impliqués dans la lutte contre la drogue et surtout celle des médias de masse pour la conscientisation contre la drogue.


mercredi 7 décembre 2016

RETROSPECTIVE SUR LES RÉSULTATS DE L'ENQUÊTE NATIONALE SUR LA PRÉVALENCE DE LA CONSOMMATION DES DROGUES EN MILIEU SCOLAIRE POUR L'ANNÉE 2014




Dans un pays où il n’y a pas de lois qui interdisent la vente d’alcool et de cigarettes aux mineurs, où certains jeunes consomment des substances psychotropes illicites, le phénomène de la drogue doit être pris à cœur. C’est ainsi que la Commission Nationale de Lutte contre la Drogue (CONALD), à travers ses politiques de sensibilisation et d’information sur les drogues, s’est donc attendue à une amélioration de la situation, c’est-à-dire une diminution du nombre de consommateurs des substances licites et illicites et une meilleure connaissance sur les conséquences de la consommation des drogues chez les élèves du secondaire.
En effet, pour une population déjà en proie à de sérieux problèmes au niveau de l’économie, de l’éducation et de la santé, une consommation abusive de drogues ne peut qu’empirer la situation. Dans ce contexte, le taux de prévalence de l’abus de drogues licites ou illicites constitue un véritable souci pour le gouvernement haïtien.
De ce fait, le gouvernement par le biais de la CONALD agit dans le but de disposer  des informations pour pouvoir mieux orienter les décisions en matière de lutte contre la drogue. Il s’agit donc de mesurer l’ampleur ou la magnitude de l’utilisation et de la prévalence de la drogue chez les jeunes écoliers. Quelle est l’ampleur de la consommation des substances licites et illicites chez les jeunes écoliers haïtiens ? Pourquoi les élèves en consomment-ils ? Combien d’élèves ont déjà essayé une drogue illicite ? Comment est la situation par rapport à l’année 2009 ? Qu’est ce qu’il faut ajouter ou changer en matière de prévention ? Ce sont-là autant de questions auxquelles cette troisième enquête a essayé d’apporter des réponses.
Haïti n’est pas un pays consommateur de drogues, mais les résultats de l’enquête scolaire ont permis de confirmer le phénomène de la consommation induite. Les drogues illicites les plus consommées en Haïti sont  la marijuana et la cocaïne. En effet, il est attesté que la cocaïne et la marijuana atteignent des pourcentages respectifs de 3.2 % et 2.3% chez les élèves du secondaire. Toutefois, comparativement aux données de 2009, une certaine baisse est constatée pour des drogues licites telles que l'alcool et la cigarette. Il faut alors féliciter les efforts de la CONALD qui a entrepris des activités de prévention après l’enquête scolaire de 2009 en vue de sensibiliser les jeunes écoliers sur le danger que représentent les drogues. Cependant, la consommation de certaines drogues illicites est en hausse par rapport à l’année 2009. C’est le cas pour les substances inhalées et le crack qui affichent respectivement une prévalence de 6.4% et de 2.5% en 2014, alors qu’en 2009 elles atteignaient respectivement 2.01% et 1.02%.
Tableau 1. Prévalence des substances utilisées et analyse comparative entre 2009 et 2014
Prévalence des substances utilisées et analyse comparative entre 2009 et 2014
Substances
De vie
D'année
De mois
% 2009*
% 2014**
% 2009*
% 2014**
% 2009*
% 2014**
Cigarettes
14.99
12.1
5.01
6.2
3.91
4.8
Alcool
59.55
55
37.51
34.3
26.57
21.8
Tranquillisants
28.90
11.3
15.04
6.6
11.47
4.4
Stimulants
22.58
7.8
11.36
3.6
8.58
1.6
Substances inhalées
5.44
6.4
2.27
4.5
1.33
2.1
Marijuana
2.01
3.2
0.65
2.4
0.45
1.1
Cocaïne HCL
2.04
2.3
0.59
1.7
0.37
.9
Crack
1.02
2.5
0.48
1.9
0.20
1.1
N'importe quelle drogue illicite
15.64
23.4
5.84
14.6
4.02
6.2


Graphique 1: Analyse comparative des tendances observées dans les enquêtes de 2005, 2009, 2014 au niveau des prévalences de vie de quatre drogues illicites: la marijuana, la cocaïne, les  substances inhalées et le crack
Source : élaboration propre de l'auteur à partir des données de l'enquête 2014

En analysant le degré d’accessibilité à la marijuana, il est remarqué qu’il y a plus d’élèves à avoir déclaré que l’accès est facile dans le département des Nippes alors que le département du Sud présente la plus faible proportion d'élèves à penser que l'accès est facile. Ceci démontre que la base navale installée aux Cayes est probablement la cause de cette possible rareté de drogues dans cette région.

Graphique 2: Distribution spatiale des élèves qui perçoivent un accès facile à la marijuana
En matière de drogues illicites, une prévalence de vie de 25. % est observée chez les garçons, soit près d’un quart des  garçons ayant déjà pris une drogue illicite au cours de leur vie. Chez les filles, cet indicateur atteint les 22 %. Il s’agit donc d’une situation qui exige des actions concrètes en vue de réduire cette tendance des jeunes à faire usage de drogues illicites. L’âge moyen d’initiation à la consommation de certaines drogues comme la marijuana se situe aux environs de 14 ans (13.88 ans), traduisant ainsi une consommation précoce chez les jeunes.


Tableau 2. Prévalence d'utilisation de n'importe quelle drogue illicite par sexe
Prévalence d'utilisation de n'importe quelle drogue illicite selon le sexe
Sexe
De vie
D'année
De mois
N
%
N
%
N
%
Garçon
399
25.0
247
15.5
101
6.3
Fille
397
22.0
249
13.8
110
6.1
Non réponse
12
26.1
6
13.0
3
6.5
Source : élaboration propre de l'auteur à partir des données de l'enquête 2014

Graphique 3: Taux d'incidences annuels de différentes drogues
 
Source : élaboration propre de l'auteur à partir des données de l'enquête 2014

En matière d'incidence, les résultats ont montré que le taux le plus élevé est celui de l'alcool qui est de 31.45. En d'autres termes, sur 100 élèves, il est probable que 31 nouveaux consomment de l'alcool pour la première fois au cours d'une année. De même, on observe qu'environ 4 nouveaux élèves sur 100 découvriront la cigarette, les tranquillisants ou les stimulants   avec respectivement les taux d'incidence annuel de: 3.92, 3.79 et 3.93.
En ce qui a trait à la perception des jeunes sur le degré de gravité des drogues, il est constaté que 10.8% des élèves, soit environ 1 élève sur 10 pense que boire fréquemment de l’alcool n’est pas grave ou peu grave. Cette proportion interpelle les acteurs oeuvrant dans la lutte contre la drogue dans la mesure ou  la consommation d’alcool chez les élèves cause pas de mal de dommages. Quant à la consommation des autres drogues, dans la majorité des cas, 3 élèves sur 5 pensent que c’est très grave ou assez grave d’en consommer.
L’analyse spatiale de l’utilisation des drogues illicites informe que la prévalence de vie est plus élevée au niveau du département du Nord’Est, soit une prévalence de 38.6%. Les départements de la Grand-Anse et du Sud'Est suivent avec des prévalences de vie atteignant respectivement 28.9% et 27.5%. Donc, il faudra intensifier les activités de prévention au niveau de ces trois départements.
Il existe clairement un problème de drogue en Haïti, notamment chez les élèves du secondaire. De ce constat, les acteurs ayant mandat pour lutter contre la drogue doivent orienter leurs actions à la lumière de ces résultats afin de donner une réponse concrète et efficace à ce problème. La CONALD, en tant qu’instance nationale chargée de coordonner la planification et la mise en oeuvre effective de la politique contre les narcotiques, est appelée, entre autres, à rassembler l’ensemble des acteurs qui travaillent dans le domaine, à mutualiser les efforts en vue de meilleurs résultats en matière de protection de la société. Elle mettra en œuvre des politiques de prévention dans les écoles. De plus, la problématique de la drogue étant transversale, la CONALD privilégiera une approche axée sur la Coopération Internationale. C’est donc dans l’esprit de rendre la société plus saine, plus juste et plus équilibrée que les décideurs opteront pour des politiques publiques qui ciblent la propagation de la drogue. Les efforts doivent privilégier aussi la participation des membres de la société civile, le contrôle de l’offre de drogue et le traitement des victimes des substances psychotropes. Toutes ces mesures doivent basées sur l’évidence, en d’autres termes, sur des informations fiables et des pratiques de suivi et d’évaluation. Au final, ces résultats serviront à l'élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la drogue 2016-2020.